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Manuel de Culture Artisanale de la Spiruline SOMMAIRE 1.Chapitre 1: Qu'est-ce que la Spiruline ? 2.Chapitre 1: Influence du Climat 4.Chapitre 2: Milieu de Culture 6.Chapitre 2: Nourriture minérale de la spiruline 7.Chapitre 3: Conduite et entretien de la culture ANNEXES TECHNIQUES A1: Influence de différents facteurs sur la croissance A2: Mesure de la concentration en spiruline A6: Tests de qualité faciles à réaliser A7: Absorption du CO2 atmosphérique A8: Interaction Photosynthèse / Absorption du CO2 A9: Productivité en fonction de l'ombrage A10:Consommation d'eau en fonction de l'ombrage A11: Correspondance entre pH et rapport CO2/base A12: Mélanges de carbonate et de bicarbonate A13: Neutralisation de l'eau de cendre A14: Composition de divers produits A15: Matériel de laboratoire utile A18: Limites de concentrations dans le milieu de culture A19: Composition élémentaire de la spiruline A20: Composition nutritionnelle de la spiruline A21: Eléments de prix de revient A22: Pour comparer les spirulines à d'autres algues A23: Spirulines vues au microscope CALCULS A27.6: Modèle de simulation d'un bassin ouvert discontinu BATCH A28: Modèle de simulation d'un bassin sans récolte SANSREC A29: Modèle de simulation d'un bassin en croissance CROISS ANNEXES GENERALES A34: Disquette (3.5") des programmes de simulation A35: Projet semi-artisanal de 5 kg/jour
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Cultivez Votre SpirulineManuel de Culture Artisanale de la Spiruline by Jean-Paul Jourdan Le Castanet, Mialet, 30140 Anduz, France. email: jpj@bsi.fr. CHAPITRE 2 6) NOURRITURE MINERALE DE LA SPIRULINE Bien que la nourriture principale de la spiruline soit le carbone, il ne sera question dans ce chapitre que de la nourriture non carbonée, seulement minérale. Pour la nourriture en carbone voir § 7.8 Chapitre 3 - carbone. Le milieu de culture initial permet une croissance de la spiruline jusqu'à une concentration en spiruline voisine de 2 g/l s'il comporte du nitrate, mais mieux vaut remettre dans le milieu les éléments nutritifs absorbés par la spiruline sans attendre l'épuisement du milieu. Ajouter l'urée (et le cas échéant le sucre comme apport de carbone) quotidiennement en fonction de la récolte escomptée dans la journée, les autres nutriments pouvant n'être ajoutés qu'une fois tous les 10 à 30 jours. Veillez à mettre l'urée (et le cas échéant le sucre) tôt dans la journée, juste après la récolte et en respectant la règle donnée au N.B. c ci-dessous (uréethéo). L'utilisation du nitrate n'impose pas les mêmes précautions que l'urée mais celle-ci est moins chère et plus efficace, elle réduit la formation de grumeaux chez la Lonar et elle renforce la vigueur parfois défaillante de la Paracas ; de plus l'urée apporte du CO2 "gratuit". L'ammoniaque peut évidemment être utilisée au lieu d'urée, mais avec encore plus de précautions : là, le goutte à goutte est pratiquement nécessaire. Par contre l'ammoniaque a un avantage sur l'urée: elle donne immédiatement de l'ammonium, alors que l'urée ne se transforme que petit à petit (une dose trop forte peut constituer une "bombe à retardement"). Tous les ingrédients doivent être dissouts avant d'être introduits dans la culture, sous agitation. En se basant sur la composition élémentaire de la spiruline donnée en (Annexes techniques - A19) et les indications du § 4.1 sur le MILIEU de culture, il est facile de calculer les besoins en nourriture minérale selon les produits (engrais) dont on dispose. On tient compte de la pureté chimique des produits, des pertes en cours de production (photoxydation, consommation par les parasites, pertes chimiques) et lors de la récolte. On néglige généralement les apports par l'eau d'appoint. A titre d'exemple pouvant être utilisé assez couramment, voici une formule calculée pour le cas d'une eau non ferrugineuse et de faible dureté, et pour un taux de pertes courant dans les petites exploitations: Grammes par kg de spiruline récoltée (comptée en sec) : Urée = 350 à 500 g (S'il y a du nitrate de potassium dans le milieu il suffit de 30 g de sulfate dipotassique) (La chaux est avantageusement remplacée par 23 g de nitrate de calcium si ce produit est disponible) (Le fer peut être introduit sous forme de 50 ml de solution de fer + oligoéléments à 10 g de fer/l voir Annexes techniques - A26). N.B. a) La formule de nourriture ci-dessus n'inclut pas les besoins en nutriments correspondant aux purges de milieu de culture, qui doivent donc éventuellement y être ajoutés. Par contre la formule calculée par les modèles de simulation (Annexe A27 à A31) inclut les besoins correspondant au taux de purge. b) La dose de fer peut être ajustée à la demande, certains médecins préférant une teneur modérée en fer dans la spiruline, d'autres 1000 voir 1500 ppm. Pour ces hautes teneurs en fer, l'addition d'EDTA ou l'usage de fer chélaté (type Fétrilon) s'impose (Chapitre 3 - fer). c) La dose d'urée théorique est de 240 g/kg, mais aux bas pH un gros excès s'avère nécessaire pour éviter la formation de grumeaux, peaux, etc, particulièrement avec la souche Lonar. Un excès d'urée inutilisé se transforme en nitrate ou se perd à l'atmosphère sous forme d'ammoniac ou d'azote. Supprimer l'urée dès qu'une odeur d'ammoniaque devient perceptible sur la culture ou, si l'on peut doser l'ammonium, suivre la règle donnée en Annexes techniques - A18 (N.B. b). L'urée est la source de CO2 la moins chère (à part l'air) et si la température du bassin est élevée on arrive à en consommer jusqu'à 0,8 kg/kg de spiruline, mais au moins une partie de l'excédent se transforme en nitrate en consommant de l'alcalinité, et on ne peut pas continuer indéfiniment. Voir ci-dessous en N.B. j (phosphate) les effets possibles d'un excès d'urée sur l'équilibre du milieu de culture. d) Selon la quantité et l'analyse de l'eau apportée pour compenser l'évaporation, les doses de sulfates, de magnésium, de calcium et de fer peuvent être réduites ou supprimées. e) L'usage de certains engrais à dissolution lente ou volontairement peu solubles (slow release), superphosphate, phosphate diammonique (cf alinéa f ci-dessous), sulfate de potassium, n'est pas recommandé car ils contiennent généralement des additifs colorés et odorants et des huiles qui souillent le milieu de culture, formant une pellicule grasse en surface de bassin (freinant l'absorption du gaz carbonique et la désorption de l'oxygène). Par ailleurs les engrais de ce type peuvent contenir des métaux lourds dangereux parce que rapidement absorbés par les spirulines. Ces remarques ne s'appliquent pas à: urée, sulfate de magnésium, sulfate de potassium, nitrate de potassium, nitrate du Chili, phosphate mono ou diammonique, chlorure de potassium vendus comme engrais agricoles solubles, même granulés. Le sulfate de fer agricole est de qualité douteuse du point de vue pureté (après dissolution il nécessite au moins une décantation ou une filtration). f) Pour utiliser le phosphate diammonique granulé comme source de phosphore, si l'on n'en a pas d'autre, F. Ayala procédait comme suit : dans un litre d'acide chlorhydrique 0,5 N (50 ml d'acide concentré à 33 %, dilué dans un litre d'eau) ajouter 250 g de phosphate broyé et porter à l'ébullition ; éliminer la couche huileuse surnageant et récupérer le liquide décanté; répéter une deuxième fois sur les boues; mélanger les deux liquides décantés, soit environ 1,5 litres contenant à peu près 50 g de phosphore en solution utilisable, correspondant à 5 kg de spiruline. g) L'apport des oligoéléments par les traces contenues dans l'eau d'appoint et les sels peut ne pas suffire. Si l'eau d'appoint est trop pure (eau de pluie par exemple), il faut ajouter du sel non raffiné pour apporter les oligoéléments (plus éventuellement un peu d'argile et/ou d'eau de cendres), sans oublier de pratiquer les purges correspondantes en cas de salinité exagérée. Mais on peut aussi apporter une partie de l'azote par du nitrate du Chili (qui est riche en oligoéléments) ou bien on peut utiliser des concentrés d'oligoéléments préparés à partir de produits chimiques (cf § 7.7 Chapitre 3 - oligoéléments et Annexes techniques - A26). h) L'apport de calcium (chaux ou mieux nitrate ou chlorure de calcium) n'est nécessaire qu'au cas où l'eau d'appoint n'en contient pas assez, ou si l'on veut une spiruline enrichie en calcium comme celle de plusieurs producteurs industriels. i) La consommation de chlorure est théoriquement de 7 g de sel/kg de spiruline, mais il est pratiquement inutile d'en ajouter, sauf longévité extraordinaire du milieu de culture. Il est strictement inutile d'en ajouter en cas d'utilisation d'urine ou d'eau de mer. j) Lorsque le milieu contient simultanément les ions ammonium (NH4), magnésium (Mg) et phosphate (PO4), ce qui est le cas habituel quand on utilise l'urée, les concentrations de ces ions sont interdépendantes parce que la solubilité du phosphate mixte d'ammonium et de magnésium est extrêmement faible. Pour éviter des déséquilibres, il faut respecter le rapport pondéral sulfate de magnésium/phosphate monoammonique = 2 et maintenir la concentration en ammonium faible. La concentration en ammonium est automatiquement faible si l'urée est apportée par petites fractions et si le pH est élevé (une partie de l'ammonium se transformant en ammoniac NH3 sous l'effet du pH élevé). Pour aider à visualiser cette interdépendance entre les trois ions ci-dessus, un petit modèle mathématique est disponible (dénommé "Phos" phos.exe). Ce modèle est simplement basé sur le produit de solubilité du phosphate mixte, sans tenir compte de l'interaction des autres ions ni du pH. h) Pour une exploitation la plus simple possible, on peut se contenter de nourrir la spiruline seulement une fois par mois en choisissant le nitrate comme source d'azote et l'air comme source de carbone. Et si l'on n'a pas de produits chimiques ? Il suffit d'ajouter 17 litres d'urine (c'est une dose moyenne puisque la concentration de l'urine est très variable en fonction du sujet et de l'heure) par kg de spiruline récoltée. L'urine apporte aussi un peu de carbone, ce qui réduit la tendance du pH à monter et permet d'augmenter la productivité de 2 g/m²/jour en l'absence d'alimentation carbonée. Cette solution n'est proposée que pour répondre à des situations de survie, ou pour fournir de la spiruline destinée à l'alimentation animale, ou encore pour ceux qui préfèreraient une spiruline vraiment "biologique". Attention à répartir la dose régulièrement (comme pour l'urée) et à ajouter l'urine juste après la récolte (en tous cas pas le soir) et seulement par beau temps; en régime de croisière, il est recommandé de limiter la productivité à 7 g/j/m², donc de ne pas ajouter de sucre, et de maintenir une hauteur de liquide assez élevée (minimum 20 cm) et aussi une concentration en spiruline d'au moins 0,4 g/l. Pour une consommation personnelle de la spiruline produite, la stérilisation de l'urine avant usage n'est pas une nécessité (l'auteur ne l'a jamais pratiquée), mais sinon elle parait indispensable au moins pour des raisons psychologiques. Une application spéciale de l'utilisation de l'urine pour faire de la spiruline est le recyclage des déchets biologiques des spationautes dans les futures stations spatiales: la spiruline est le meilleur moyen à la fois de retransformer le CO2 en oxygène et les déchets en nourriture. Ce procédé est à l'étude dans de grands laboratoires. La production de spiruline "biologique" est également possible sans recourir à l'urine, en n'utilisant que des produits "naturels" (cf § 4.3 bio) comme la trona, le nitrate du Chili, le sulfate de magnésium sous-produit des marais salants et la poudre d'os. Il n'existe pas encore de normes ni d'agrément pour la spiruline "biologique" en France, mais en Californie une spiruline ainsi dénommée est déjà en vente. N.B. a) Comme l'urine ne contient pas de fer, son utilisation ne dispense pas d'ajouter du fer. b) L'urine utilisée doit avoir une odeur et une couleur normales et provenir de donneurs sains et ne prenant pas de médicaments pouvant entraîner une toxicité pour les spirulines, comme les antibiotiques. c) On dit que le sang d'animal serait un bon aliment pour la spiruline et qu'on peut l'utiliser à dose relativement importante (50 ml/l de milieu de culture). Attention aux contaminations possibles cependant. d) Il est parfaitement possible de "panacher" produits chimiques et produits naturels. |
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